Résumé

Susan L. Meyer suggère que l’interprétation de la signification de l’empire britannique chez Jane Eyre doit commencer par donner un sens à Bertha Mason Rochester, la femme antillaise folle et ivre que Rochester garde enfermée au troisième étage de son manoir ancestral ’ (‘Colonialism’ 252). Dans la déposition de Richard Mason concernant le mariage d’Edward Fairfax Rochester et de Bertha Antoinetta Mason à Spanish Town, en Jamaïque, Bertha est décrite comme l’enfant de Jonas Mason, planteur et marchand des Indes occidentales, et d’Antoinetta Mason, identifiée uniquement comme une créole. Dans le récit de Rochester sur la famille de Bertha, les  » germes de la folie  » sont transmis par la mère créole (JE 306; vol. 3, ch. 1). Dans ce chapitre, je retraverse les discours ethnographiques de la fin du XVIIIe au milieu du XIXe siècle sur la dégénérescence créole blanche et situe les représentations de Brontë de la créolité de Bertha et de Richard Mason par rapport à elles, arguant que chez Jane Eyre, Brontë délimite à la fois la féminité et la masculinité en termes impériaux et raciaux, tout en brouillant ces catégories. Brontë, je le démontre, relie le caractère moral et intellectuel dégénéré du créole blanc aux cruautés du système de travail des esclaves en Jamaïque, et aux rébellions d’esclaves jamaïcaines historiques figurées par métaphore et allusion. Cette figure suggère que Brontë a soigneusement historié les relations entre Bertha Mason Rochester, Edward Fairfax Rochester et Jane Eyre.

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